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Sylvain Huc / Cie Divergences | l'Usine – Centre national des arts de la rue et de l'espace public(Tournefeuille / Toulouse Métropole)

Sylvain Huc / Cie Divergences

Résumé

Sylvain Huc / Cie Divergences

Sujets


Détails

Sylvain Huc est un jeune chorégraphe toulousain dont la compagnie Divergences est implantée dans le Lot. Après diverses invitations de l’Usine autour d’un Laboratoire, des Nuits Bleues #3 où certains auront pu découvrir les prémices de Boys don’t cry, sa nouvelle création, Sujets est coproduite par l’Usine. Cette pièce joue ses premières en 2018 lors de la prochaine édition du festival Montpellier Danse.

 

« Vus sous un certain angle, ces corps sont de quatre sortes.

 Premièrement, ceux qui circulent sans arrêt. Deuxièmement, ceux qui s’arrêtent quelquefois. Troisièmement, ceux qui à moins d’en être chassés ne quittent jamais la place qu’ils ont conquise et chassés se jettent sur la première de libre pour s’y immobiliser de nouveau. »

Beckett. Le dépeupleur.

 

De simples corps dénués de toute sophistication en même temps qu’adroits et ouvragés…
des bras ballants, des reins courbés, des déplacements à la précision et à l’imprévisibilité animales… Ces sujets se réduisent à l’état d’hominidés, spécimens d’une espèce humaine en voie d’extinction ou aux prémices de son évolution.

On ne le sait pas et on ne le saura pas.

Des sujets dans lesquels il n’y a personne comme le dit Beckett.

Beckett d’ailleurs dont les corps du « dépeupleur » pourraient faire écho à ceux-là.
Les premiers obéissent à des lois, une logique et une arithmétique insaisissables
dans un espace informe, un espace intermédiaire, ni objectif, ni subjectif
et dans lequel ils sont coincés.
Ne se posent pas non plus le quand, le où, ni le pourquoi. Seul le comment se laisse envisager.

Telle une fouille archéologique qui mettrait au jour les restes d’une humanité à venir,
ce projet offrira au spectateur une mythologie inversée.

Ces fragments d’humanité post-facebook ou pré-civilisationnels construiront un mythe à venir
qui pourrait être ce que l’on nomme aujourd’hui anthropocène,
désignant le temps historique qui voit l’homme non seulement transformer sa planète
mais laisser irrémédiablement sa trace dans les strates géologiques.

L’espace du « dépeupleur » de Beckett est un lieu de pouvoir, de lois et de violence.
Les corps y sont tour à tour normatifs ou fautifs
sans pour autant être soumis à une quelconque morale clairement édictée.
Ceux du « dépeupleur » encore, sont des corps non-humains, privés de langage et font des gestes
qui ne leur appartiennent plus. Ils tendent seulement à être et cela semble déjà beaucoup.
J’irai avec ces « sujets » très certainement m’échouer
sur les mêmes terres que les corps « dépeuplés » de Beckett.

Sylvain Huc

 

Sylvain Huc

Après une formation universitaire en histoire et histoire de l’art, c’est de manière abrupte et inattendue que Sylvain Huc découvre la danse contemporaine. Il intègre alors la formation du CDC de Toulouse en 2003. Après un parcours d’interprète (Richard Nadal, La Zampa, Coraline Lamaison, Laura Scozzi…) il prend la direction de la compagnie Divergences en 2014.

Son travail se caractérise par une approche avant tout physique et très attachée au corps plus qu’à la danse proprement dite. Ces différentes pièces en témoignent : Le Petit Chaperon Rouge, pièce jeune public, jouée 250 fois en France et en Europe, Rotkäppchen, déclinaison adulte du même conte meurtrier, Kapput pièce pour quatre interprètes qui s’attache au motif de l’échec et du ratage, Boys don’t cry et Gameboy, un travail sur le masculin.

S’il place bien le corps au centre de tous ses travaux, Sylvain Huc aime le mettre en relation avec un environnement délicat ou brutal. Il crée ainsi un tissu de sensations et d’émotions avec lequel le corps se déploie tour à tour savant ou sauvage. Lex, son solo en cours de création pour l’heure, sera présenté à Roubaix lors du festival Le Grand Bain en mars 2018.

Sylvain Huc est soutenu au sein du réseau des Centres de développement chorégraphique, en particulier par ceux de Strasbourg (Pôle Sud), Roubaix (Le Gymnase) ou Avignon (Les Hivernales) et Toulouse grâce auquel il bénéficie de l’accompagnement du réseau européen [DNA] Departures and Arrivals.

 

en résidence du 14 au 17 mai

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